[Date de mise à jour : octobre 2026]
En résumé
- Certaines plantes dites "galactogènes" sont traditionnellement utilisés pendant l’allaitement pour favoriser la lactation.
- Une bonne hydratation et des moments de détente accompagnent l’allaitement, mais toutes les plantes ne sont pas adaptées. Certaines nécessitent des précautions ou peuvent avoir un effet sur la lactation, d’où l’importance de demander conseil à un médecin, une sage-femme ou un pharmacien.
Après une grossesse, on peut choisir d’allaiter son bébé. Pour mettre toutes les chances de son côté et favoriser la lactation, on peut demander un p’tit coup de pouce aux plantes. On vous dévoile notre top 3 des plantes traditionnellement associées à l’allaitement*.
Qu'est-ce qu'une plante galactogène ?
"Galactagogue" est le terme qui désigne une substance destinée à initier, maintenir ou augmenter la production de lait maternel.
On parle plus couramment de "galactogène" pour désigner une substance (plante ou aliment) qui favorise ou stimule la production de lait.
L'usage traditionnel de plantes galactogènes en Europe est ancien, et bien documenté par les ethno-botanistes. On le retrouve notamment dans les écrits d'un médecin et botaniste grec du 1er siècle après JC, Dioscoride, auteur d'un manuel qui a fait référence dans la pharmacologie européenne pendant plusieurs siècles.
Ces plantes étaient utilisées pour les femmes allaitantes, mais avaient aussi un usage vétérinaire pour stimuler la production de lait chez le bétail élevé pour sa production laitière (chèvres, vaches, bufflones...). L'objectif était de favoriser la production de lait, et parfois de réduire l'inflammation des mamelles.
On oublie les huiles essentielles, à l'époque les modes d'utilisation étaient principalement l'ingestion directe de la plante, l'infusion ou la décoction.
Certaines de ces plantes sont typiques du bassin méditerranéen, d'autres sont davantage présentes en Europe Centrale. Sont attestés notamment :
- le fenouil
- le fenugrec
- l'anis vert
- le carvi
- l'aneth
- la verveine
- l'ortie...
Pour aller plus loin : Pharmacological Overview of Galactogogues, 2014 (l'occasion de pratiquer son anglais)
Et qu'en dit la science moderne ?
Que l'usage traditionnel des plantes pour favoriser la lactation est amplement documenté, mais que quand il s'agit de passer aux essais cliniques à grande échelle, ça se complique...
La difficulté vient moins d'une absence totale d'études que de leur qualité et de leur comparabilité.
- toutes les plantes ne font pas l'objet de recherches : le fenouil et le fenugrec sont celles qui ont le plus souvent eu les honneurs des labos. Et dès qu'on teste des mélanges, difficile de savoir à quelle plante (ou quelle molécule) attribuer les résultats...
- les préparations végétales testées ne sont pas standardisées, et donc les teneurs en composés actifs varient
- les études sont souvent effectuées sur des très petits groupes (quelques dizaines de femmes)
- enfin, la lactation dépend énormément d'autres facteurs. Fréquence des tétées, efficacité de la succion, prise du sein, santé de la mère et de l'enfant, etc. peuvent modifier la production lactée indépendamment de la plante. Il est donc difficile d'isoler son effet propre.
On manque donc de données cliniques. Il existe quelques meta-analyses, mais elles restent prudentes. Certaines méta-analyses américaines récentes (LacMed 2026) recensent deux petites études ayant observé des améliorations de certains paramètres tels que le volume ou la composition du lait et la prise de poids du nourrisson. Des études européennes, au contraire, se sont penchées sur certaines molécules spécifiques et incitent à des mesures générales de précaution.
Pour plusieurs de ces plantes, on connaît des molécules candidates et des mécanismes plausibles, mais il n'existe pas actuellement une « molécule galactagogue végétale » dont le mécanisme serait démontré comme on peut le faire pour un médicament. Parmi les composés qui pourraient jouer un rôle :
- le trans-anéthole
- la galégine
- la silymarine
- les saponines stéroïdiennes...
Pourquoi certaines femmes se tournent-elles vers les plantes galactagogues pendant l'allaitement ?
Lorsqu'une maman a le sentiment de ne pas produire suffisamment de lait ou souhaite soutenir sa lactation, elle peut être tentée de se tourner vers des plantes traditionnellement utilisées à cette fin. Le recours aux plantes peut également répondre au souhait de privilégier une approche perçue comme plus naturelle ou de disposer d'une solution complémentaire pour poursuivre l'allaitement.
Conseil de marmotte raisonnable : en cas de production lactée insuffisante, la priorité reste d'en rechercher les causes et d'agir notamment sur la fréquence et l'efficacité des tétées ou de l'expression du lait avant d'essayer de booster la lactation avec des plantes.
On rappelle que la façon de consommer la plante a son importance :
- Une plante consommée en infusion et son huile essentielle ne sont pas interchangeables.
- L'huile essentielle constitue une préparation beaucoup plus concentrée en certains composés volatils et possède donc un profil d'exposition et de sécurité différent, et est généralement déconseillée pour les femmes enceintes ou allaitantes (ANSES).
| Tisane / infusion | Huile essentielle | |
|---|---|---|
| Fabrication | Extraction de la plante par l'eau chaude | Généralement obtenue par distillation de la plante |
| Molécules extraites | Principalement des composés extractibles dans l'eau, ainsi qu'une fraction de certains composés volatils | Concentration importante de molécules volatiles et lipophiles |
| Concentration | Relativement faible et dépendante de la quantité de plante et du temps d'infusion | Très concentrée |
| Composition | Extrait complexe et dilué de la plante | Profil chimique spécifique, riche en composés volatils |
| Exposition | Généralement beaucoup plus faible | Quelques gouttes peuvent représenter une exposition importante |
Maintenant, on peut passer à notre top 3 ! Lait’s go !
1. Le fenouil : le galactogène à l'usage le plus ancien
Sur la première marche du podium traditionnel, on retrouve le fenouil !
Cette plante aromatique vivace originaire du bassin méditerranéen est dite « galactogène ». Cela signifie qu’elle est réputée pour sa capacité à aider l’allaitement. Traditionnellement utilisée depuis des lustres pour stimuler la lactation, elle est en plus très peu calorique.
Cependant, en 2023, l'Agence Européenne des Médicaments (EMA) a émis une nouvelle recommandation au sujet d'une molécule nommée l'estragol, qu'on retrouve dans des plantes comme l'estragon (d'où le nom), le basilic et le fenouil.
De récentes études menées sur des animaux (coucou aux lointains cousins des marmottes, les petits rats) et sur des cellules humaines in-vitro ont démontré que l'exposition à des doses très élevées d'estragol peut avoir des effets cancérigènes sur les cellules du foie.
Par précaution, l'EMA recommande que l'exposition à l'estragol soit maintenue aussi faible que possible pour les femmes enceintes ou allaitantes. L'EMA conseille de limiter la prises de substances contenant de l'estragol à 0.05 mg/pers/j pour les adultes, et à une dose encore plus faible de 0.01 mg/per/j pour les enfants.
Le souci est qu'il est très difficile d'évaluer la quantité d'estragol présente dans un sachet ou une tasse de tisane de fenouil, car selon la plante et ses conditions de croissance, le taux peut varier naturellement dans la graine séchée, puis dans l'infusion obtenue.
En France, à la date de rédaction de cet article, l'Agence Nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ne s'est pas prononcée sur le sujet, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail non plus.
En l'absence d'études in-vivo, les spécialistes qui se sont exprimés en France à ce sujet soulignent qu'il ne faut toutefois pas être alarmistes sur la consommation de tisane de fenouil.
N'hésitez donc pas à poser la question à votre gynécologue, sage-femme ou professionnel(le) de santé référent(e).
Les infusions Les 2 Marmottes contenant du fenouil : Fenouil, Fée Nuit

2. La verveine : pour allaiter en mode déstressée
Ensuite, on retrouve la plante préférée des grands-mères: la verveine.
On dit d’elle qu’elle serait capable de favoriser les montées de lait tout en calmant les nerfs des mamans, et donc aussi des bébés ! Or le stress n’est pas le meilleur ami de l’allaitement.
Alors, pour soutenir votre corps et votre esprit, produire du lait maternel en quantité suffisante, on dit oui à la verveine !
Les infusions Les 2 Marmottes avec de la verveine : Verveine, Fée Nuit

3. L’anis vert pour booster la lactation (mais pas que !)
L’anis vert, tout comme sa cousine le carvi, n'est pas en reste.
Ses petites graines parfumées sont traditionnellement utilisées pour soutenir la production de lait maternel.
Sachez que l’anis a aussi la réputation d’apaiser les coliques infantiles et que cette plante peut aussi être utilisée pour lutter contre les règles douloureuses.
Pourquoi tisane et allaitement s’entendent aussi bien ?
Déjà car la base de l’allaitement, c’est l’eau ! Boire des tisanes peut contribuer à une bonne hydratation.
Boire une infusion c’est aussi passer un bon moment, se détendre et donc être dans de meilleures conditions pour allaiter.
Quelles plantes éviter pendant l’allaitement ?
Si certaines plantes sont conseillées pendant l’allaitement, d’autres au contraire sont à proscrire. On pense par exemple au persil ou à la menthe : les substances actives qu'elles contiennent sont susceptibles de passer dans le lait, et sont déconseillées pour les marmottons.
*Pendant toute la durée de l’allaitement, votre médecin et votre sage-femme sont là pour répondre à toutes vos questions, notamment en matière d’alimentation. N’hésitez pas à les consulter. Veillez évidemment à garder une alimentation équilibrée, adaptée à vos besoins et à ceux de votre bébé.







