La petite histoire des boissons chaudes en France

La petite histoire des boissons chaudes en France

Et si on remontait le temps qui passe de tasse en tasse ? Du Moyen Âge à nos jours, plongez dans la fabuleuse histoire des boissons chaudes en France. 

C’est une histoire de chaleur, de plantes, d’hommes et de femmes. Depuis plus de mille ans, les boissons chaudes font partie du quotidien des Français et des Françaises. Les recettes ont changé, les ingrédients ont voyagé, les modes se sont succédées mais… du feu de cheminée médiéval aux coffee shops contemporains, quelque chose demeure : la chaleur, le goût du réconfort et l’amour des plantes nous rassemblent, nous apaisent et marquent les rythmes de nos journées.

Boire chaud pour survivre et se soigner : bienvenue au Moyen Âge !


Mille ans d’histoire au fond d’une tasse et nous voilà au Moyen Âge. À l’époque, l’eau n’est pas toujours potable, on la fait donc bouillir. Sur le feu, on prépare alors des bouillons, des décoctions de plantes et des potages. 

Du côté des monastères, on prend peu à peu conscience du bienfait des plantes. Certains moines herboristes cultivent de la sauge, du fenouil, de menthe ou encore de l’hysope pendant que d’autres font sécher le tilleul et la verveine du jardin. 

On a d'ailleurs gardé l'expression "jardin monastique" ou "jardin de curé" pour désigner ces espaces cultivés à proximité des lieux de vie de la communauté. Pour les spécialistes, c'est le nom latin "herbularius" ou "herbularium" qui désigne spécifiquement l'espace réservé aux plantes utilisées dans la pharmacopée.

Il n’était pas rare alors de laisser infuser ces plantes pour donner naissance à une tisane, à la fois aliment, remède et réconfort.

L'usage traditionnel des tisanes est donc bien documenté à cette période. On trouve notamment mention de ces jardins de simples et des plantes à cultiver dans un document datant de Charlemagne, le Capitulaire "De Villis" (son petit nom complet est "Capitulare de villis vel curtis imperii", mais nos marmottes n'ont pas suivi les cours de latin).

Sont mentionnées dans ce document médiéval des plantes qu'on retrouve encore aujourd'hui dans les tisanes, notamment :

  • la rose
  • le fenouil
  • la menthe poivrée
  • la camomille
  • la sauge...

Bienfaitrices, les boissons chaudes ont aussi vocation au Moyen-Âge à répondre à certains besoins primaires : boire chaud protège en effet du froid et contribue à faciliter la digestion et apaiser certains petits maux.

On est quand même encore loin du rituel plaisir : ce qui compte au Moyen Âge, c’est de survivre ! (On rappelle qu’à l’époque, l’espérance de vie moyenne tourne autour de 50 ans !)

Thé, café et chocolat : le plaisir de se retrouver


À partir du XVIIe siècle, changement de décor : l’Europe découvre de nouvelles boissons venues d’ailleurs.

Le thé pointe le bout de ses feuilles depuis l’Asie, le café arrive tout droit d’Éthiopie et du monde arabe, tandis que le chocolat chaud débarque d’Amérique latine. Évidemment à l’époque, le thé, le café ou le chocolat ne courent pas les rues : ils sont alors considérés comme des produits rares et précieux. Progressivement, ils deviendront plus courants, plus accessibles et donc plus populaires.

Les premiers cafés ouvrent leurs portes, les salons de thé se multiplient, on se retrouve pour débattre une tasse à la main, on dessine, on écrit, on invente avec une tasse toujours fumante.et la boisson chaude prend subitement une dimension sociale ! 

Les petites gens y entrent parfois l'hiver pour se chauffer et éviter de brûler du bois chez eux (hé oui, pas de bouilloire électrique à l'époque, et le combustible coûte cher !). Durant la Révolution Française, on voit carrément des "cafés révolutionnaires", des établissements dans les arrières-chambres desquels se réunissent les clubs patriotiques, un café fumant à la main...

Pendant que le thé ou le café créent du lien, la tisane reste ancrée dans les foyers français, fidèles aux plantes locales et à leurs nombreux bienfaits. Des plantes "du coin", variées, faciles à cultiver dans un petit jardin ou à cueillir à la campagne, sont largement utilisées par les populations rurales qui n'ont pas accès aux produits exotiques (et chers) que restent le thé, le café et le chocolat.

Quand la chaleur devient refuge… Direction la montagne


Dans les régions froides et montagneuses, les boissons chaudes font, depuis toujours ou presque, partie du kit de survie !

Au cœur des Alpes, on cueille en pleine nature du thym serpolet, du genépi, de la verveine... que l’on fait infuser à longueur de journée !

Après une marche dans la neige, après le ski ou au retour du bois, on enlève ses gants ou ses moufles pour attraper une tasse et se réchauffer le corps et le cœur. Ici, la plante est reine. Pas d’artifice. Pas de détour. On se concentre sur l’essentiel.

Depuis 1976, Les 2 Marmottes sont restées fidèles à cette tradition montagnarde : des plantes sélectionnées avec exigence et jamais d’arômes ajoutés pour préserver la pureté du goût. On est donc pas très loin de ces gestes anciens où l’on chauffait l’eau simplement, pour laisser la nature s’exprimer.

tisane épicée pour l'hiver : pomme cannelle

Le renouveau des boissons chaudes : toujours plus tendance


Le XXIe siècle réinvente les boissons chaudes sans complexe. Avec l'essor des coffee shops et un accès facilité aux boissons du monde, conjugué à la visibilité donnée par les réseaux sociaux, les couleurs se multiplient, les textures s’épaississent, les recettes circulent, et en parallèle, le retour au naturel s’intensifie.

Moins de sucre, moins d’ingrédients superflus, plus de naturalité et de bienfaits ! Les codes changent et les boissons chaudes suivent le mouvement.

Parmi les dernières recensées par les marmottes :

  • le thé Matcha : un thé moulu d'un vert intense, originaire d'Asie et popularisé par Instagram et très utilisé en pâtisserie, au point que la production japonaise ne suffit plus...
  • le lait d'or ou golden latte, une recette à base de curcuma et de lait, d'une jolie couleur jaune soleil dans la tasse
  • l'ube latte : d'un violet distinctif, cette boisson est obtenue à partir d'un igname des Philippines, et se consomme plutôt avec du lait
  • les "cafés" végétaux : oubliée la mauvaise réputation des ersatz de café (il faut dire que ça remonte à la Seconde Guerre Mondiale), on redécouvre la chicorée, le lupin, et même certains champignons comme substituts au café...

Côté infusions, désormais on recherche l’origine, on se concentre sur la plante entière et on attend toujours plus de simplicité. Mug après mug, on redécouvre la tisane comme une boisson traditionnelle mais intemporelle, résolument dans l’air du temps par sa naturalité et ancrée par son histoire. Au fil du temps, les breuvages et les usages ont changé mais l’essentiel est resté.

Qu’il s’agisse d’un bouillon médiéval, d’un café du siècle des Lumières ou d’une infusion d’altitude, la logique est la même : se réchauffer, lever le pied, se faire du bien et partager. Jour après jour, les boissons chaudes accompagnent nos modes de vie, elles traversent les époques sans jamais perdre leur place. Et peut-être que, dans cette quête moderne de goût et d’authenticité, l’infusion retrouve simplement sa vocation première : être une boisson essentielle.

Le chiffre à retenir !

Selon France AgriMer, 80,5 % des Français consomment une boisson chaude chaque semaine, avec en moyenne 8,4 occasions de consommation par semaine (toutes boissons chaudes confondues : café, thé, infusion, chicorée…).

A vos calculettes ! En considérant que vous en faites partie et que vous ne buvez que des infusions, 1 seule boîte Les 2 Marmottes, contenant 30 sachets, vous assure donc 25 jours de consommation ;-)

Et si on remontait le temps qui passe de tasse en tasse ? Du Moyen Âge à nos jours, plongez dans la fabuleuse histoire des boissons chaudes en France.