Le gingembre : cette plante aux nombreux bienfaits

Les bienfaits du gingembre

Le gingembre réveille les papilles du monde entier, mais saviez-vous que cette drôle de racine (qui est en fait un rhizome) est aussi l’un des remèdes les plus utilisés au monde ? D’où vient-il, à quoi sert-il, comment le préparer pour en apprécier tous les bienfaits ? On vous dit tout sur le gingembre. 

Avec le gingembre, on ne sait pas toujours sur quel pied danser ! À la fois chaud et frais, réconfortant et piquant, dur et chaleureux, il donne une couleur vraiment particulière aux boissons ou aux plats qui osent lui faire la part belle. 

Mais avant d’atterrir dans nos assiettes ou nos tasses, c’est surtout du côté de la médecine traditionnelle que ce rhizome aux utilisations millénaires a fait parler de lui ! Aujourd’hui encore, ses effets sur la digestion, les nausées ou encore l’énergie sont largement étudiés. Le gingembre ce n’est donc pas seulement un goût singulier à dompter, ce sont aussi de multiples propriétés qu’il faut connaître pour mieux en profiter. 

Le gingembre : focus sur ce rhizome millénaire

Désigné souvent par le terme global d'« épice », le gingembre, ou Zingiber officinale, est d’abord une grande plante herbacée tropicale et vivace, qui mesure souvent près d’1m de haut, et aux feuilles longues et étroites. Le gingembre appartient à la famille des Zingibéracées, comme la cardamome. 

Ce que les humains ont pris l’habitude de consommer, ce sont les rhizomes du gingembre, autrement dit ses tiges souterraines, elles-mêmes dotées de racines et qui se terminent par des bourgeons. Il est courant de parler de « racine de gingembre », mais c’est donc un abus de langage !

Les feuilles du gingembre sont également comestibles, mais plus fibreuses et moins parfumées, elles sont généralement uniquement consommées localement dans les régions où pousse le gingembre. Seule l’utilisation des rhizomes est autorisée pour fabriquer des tisanes au gingembre.

D’où est originaire le gingembre ?

Le gingembre est né en Asie du Sud-Est. Comme il apprécie les climats chauds, humides et tropicaux, sa culture s’est naturellement déployée au fil du temps en Inde, en Chine, en Indonésie, et jusqu’au Nigéria et au Pérou.

Il lui faut à la fois de la chaleur, beaucoup (vraiment beaucoup) d’eau et un terrain bien drainé, ce qui le rend difficile à acclimater sous nos latitudes.

Morphologie et caractéristiques des rhizomes de gingembre

Comme beaucoup de parties souterraines des plantes, le fameux rhizome de gingembre a un aspect noueux et fibreux.

Sous sa fine écorce beige pâle, une chair jaune pâle à dorée se dévoile.

C’est son goût piquant et légèrement citronné qui est devenu la signature du gingembre. 

Le rhizome du gingembre a une forme caractéristique

Particularités et composés actifs du gingembre

Le gingembre doit ses propriétés à plusieurs composés bioactifs qui influencent à la fois son goût piquant et ses effets sur l’organisme.

Retenez bien leur nom, on va les retrouver dès que l’on s’intéressera aux bienfaits santé du gingembre :

  • Gingérol : chimiquement proche de la capsaïcine, le composant piquant du piment, mais beaucoup moins puissant, ce composé est responsable de la fausse sensation de chaleur qui nous assaille quand on croque dans un morceau de gingembre frais. Le gingérol se dégrade lorsque le gingembre est séché ou cuit, ou qu’il est conservé longtemps, et les 2 composés suivants résultent de sa transformation.
  • Shogaol : plus piquant que le gingérol, il a des propriétés similaires, notamment anti-oxydantes. Son nom vous semble avoir une consonance inhabituelle pour un composé chimique ? C'est que pour une fois il ne nous vient ni du grec ni du latin, mais du japonais shōga (qui veut dire..."gingembre").
  • Zingérone : plus sucré et épicé que le shogaol.

Sous quelles formes peut-on consommer du gingembre ?

La chair du rhizome de gingembre peut se consommer de différentes manières : 

  • fraîche
  • séchée
  • en poudre (en mode épice)
  • confite
  • en infusion ou en tisane...

Chaque forme aura un impact sur son goût (plus ou moins prononcé), sa puissance (plus ou moins piquant) et sur les effets ressentis.

 

Forme de gingembre

Goût

Puissance aromatique

Effets ressentis

Gingembre frais

Piquant, citronné, vif

🔥🔥🔥 (élevée)

Effet tonique, digestif rapide, sensation de chaleur marquée

Gingembre séché (morceaux)

Plus chaud, légèrement boisé

🔥🔥(modérée à élevée)

Effet “réchauffant”, digestion, action plus progressive

Gingembre en poudre

Plus doux, homogène, moins frais

🔥🔥 (modérée)

Effet digestif présent mais moins intense, facile à doser

Gingembre confit

Sucré, épicé, gourmand

🔥 🔥

(faible à modérée)

Effet plaisir, léger soutien digestif

Infusion/tisane de gingembre

Doux, équilibré, légèrement piquant

🔥 à 🔥🔥 (variable)

Effet digestif, apaisant, hydratant

Jus de gingembre frais

Très piquant, concentré

🔥🔥🔥🔥 (très élevée)

Effet tonique immédiat, coup de boost, peut être irritant à forte dose

Histoire & étymologie du gingembre

Le mot gingembre viendrait du mot sanskrit śṛṅgavera. Le sanskrit est une langue ancienne qui était utilisée il y a 3 000 ans en Inde. Ce nom signifie « en forme de corne », et fait clairement référence à la silhouette caractéristique de son rhizome.

Fascinés par son goût puissant et son effet « chauffant », les humains ont depuis longtemps fait voyager le gingembre, à tel point qu’il faisait partie des plantes les plus échangées sur les routes commerciales de l’Antiquité au Moyen-Âge.

Gingembre et médecine traditionnelle

L’engouement autour du gingembre a pris plusieurs formes. 
Prisé pour ses vertus réchauffantes, le rhizome de gingembre devient rapidement un des éléments clés de la médecine traditionnelle chinoise.
Le gingembre occupe également une place importante en Ayurveda, une médecine traditionnelle indienne plurimillénaire : considéré comme une plante “réchauffante”, il est utilisé pour stimuler la digestion et soutenir l’énergie globale de l’organisme. 
Dans cette tradition, le gingembre est carrément devenu une plante majeure. On l’utilise pour activer le “feu digestif” (Agni), réduire les ballonnements et relancer l’énergie. Dans certains textes ayurvédiques, il est même parfois appelé « le remède universel » !
Et quand le gingembre ne soigne pas, il devient cette épice précieuse, parfois plus chère que le poivre, échangée à travers l’Europe dès le Moyen-Âge. 
Le gingembre peut être utilisé frais ou séché

Le gingembre : mille et une utilisations !

Le gingembre est une véritable signature aromatique mondiale. Utilisé depuis des millénaires, il traverse les cultures avec une incroyable polyvalence, sans jamais perdre son grain de folie et son piquant !

Le gingembre en cuisine : une épice aux mille visages

Si vous êtes adepte de la cuisine du monde ou tout simplement si vous faites partie des épicuriens curieux et gourmets, il y de grande chance pour que vous ayez déjà croisé la route du gingembre.
Épice phare des cuisines asiatiques et orientales, le gingembre a pris ses marques au point de devenir un incontournable jusque dans nos rayons, où il se décline de plusieurs façons :
  • gingembre frais (souvent râpé ou tranché) avec sa saveur vive, citronnée et piquante caractéristique 
  • gingembre séché ou en poudre, devenant alors une épice chaude, ronde et légèrement sucrée 
  • gingembre confit, à la fois gourmand, très sucré et épicé
  • gingembre mariné, avec un goût vif et subtil.
Rarement en solo, le gingembre est souvent associé au curcuma, au citron, à la cannelle ou encore à la menthe
On le retrouve notamment dans :
  • les currys indiens
  • les bouillons asiatiques, les soupes ou les woks
  • dans de nombreuses marinades (viandes, poissons, tofu)
  • dans des desserts (pain d’épices, biscuits, compotes)
  • et même dans des boissons (jus frais, infusions, citronnades, ginger beer, golden latte…). 

En phytothérapie : que la force du gingembre soit avec vous !

Capable de stimuler autant les papilles que l’organisme, le gingembre a logiquement trouvé sa place en phytothérapie. Infusions, tisanes, décoctions, jus frais ou shots, compléments alimentaires, extraits concentrés : peu importe le flacon pourvu qu’on ait la force du gingembre ! 

Le gingembre : un véritable alicament aux multiples bienfaits santé ?

On parle souvent d’alicament ou de « super-aliment » pour désigner un aliment qui a aussi un effet santé. Le gingembre s’en rapproche… à condition de rester nuancé(e) et de s’intéresser aux composés phénoliques (notamment les gingérols, les shogaols et la zingérone) qui confèrent au gingembre ses propriétés digestives, anti-inflammatoires et antioxydantes.

Le gingembre pour soulager les nausées

Ce n’est pas un mythe : le gingembre peut venir à votre rescousse en cas de nausées. D’ailleurs son effet antiémétique est reconnu scientifiquement. Les gingérols et les shogaols du gingembre ont en effet la capacité d’agir sur la mobilité gastrique (elles aident l’estomac à se vider plus efficacement) ainsi que sur certains récepteurs digestifs et nerveux impliqués dans la sensation de nausée. 

C’est ce qui explique que le gingembre puisse être recommandé pour lutter contre le mal des transports, les nausées de la grossesse (sur avis médical) et les nausées post-chirurgicales ou post-médicamenteuses (chimiothérapie, antirétroviraux...).

Le gingembre pour favoriser la digestion et limiter les inconforts digestifs

L’OMS considère que l’usage du gingembre est traditionnel dans le traitement des troubles digestifs. Le gingembre est en effet une plante carminative (elle est donc capable de vous aider à expulser les gaz intestinaux) et gastroprotectrice

Les molécules clés, ce sont cette fois les gingérols, qui stimulent les sécrétions digestives, et le zingérone. En contribuant à stimuler les enzymes digestives, à accélérer la vidange gastrique et à réduire les gaz et les fermentations intestinales, le gingembre favorise la digestion, contribue au bon fonctionnement des intestins et aide à réduire la sensation de lourdeur après les repas.

Consommer du gingembre après le repas, avec du citron ou de la menthe, c’est le combo parfait pour finir léger !

Le gingembre pour soutenir l’organisme en cas de rhume

Le gingembre a plus d’un tour dans sa racine (enfin, son rhizome) ! Dans les médecines traditionnelles (chinoise et ayurvédique), le gingembre est classé comme plante “chaude” et sollicité pour réchauffer l’organisme lors d’épisodes de froid, de rhume ou de fatigue.

En hiver, son effet « réchauffant » peut donc aussi vous être utile. Grace aux propriétés anti-inflammatoires du gingérol et du shogaol et à ses antioxydants, le gingembre vient à la rescousse de certaines inflammations, contribue aux défenses naturelles du corps et soutient globalement l’organisme. L’OMS indique que l’usage du gingembre est traditionnel dans le traitement du rhume et de la grippe. Il est donc particulièrement malin d’en avoir sous la main en plein hiver, pour donner un petit coup de fouet à votre corps !  

Le grand classique hivernal en tisane : gingembre frais + eau chaude + jus de citron frais (+ miel, optionnel)

Le gingembre pour lutter contre la fatigue

Contrairement à une idée répandue, le gingembre ne contient pas de caféine ni de théine (2 noms pour la même molécule).

Ce qui fait la force du gingembre, son effet tonique, s’explique par la présence des composés bioactifs spécifiques : alors que les gingérols du gingembre stimulent légèrement la circulation, les shogaols déploient leur effet chauffant. 

Résultat : un goût qui réveille nos papilles, une sensation quasi immédiate de vitalité et de boost, sans le côté excitant de la caféine. 

Pourquoi le gingembre est-il parfois déconseillé ?

Les aliments naturels ne sont ni sans effet, ni sans danger, et les plantes ne font pas exception. 

La consommation du gingembre ne doit donc pas être prise à la légère, surtout si vous êtes dans l’une de ces situations :

  • grossesse ou allaitement (demandez toujours un avis médical)
  • prise de traitements anticoagulants (interaction possible avec vos médicaments)
  • estomac sensible / reflux (effet irritant possible).

Comment consommer le gingembre ?

Si le gingembre est aussi inspirant, c’est parce qu’il peut se consommer de plein de manières différentes. D’abord frais (c’est d’ailleurs sa forme la plus aromatique), séché ou en poudre, un peu comme une épice, en infusion chaude ou froide, en jus et même confit. 

Comment conserver le gingembre ?

Pour préserver son goût et ses bienfaits, le gingembre doit être stocké dans de bonnes conditions :

  • la racine de gingembre frais peut se conserver dans le bac à légumes de votre frigo, et peut même être congelée.
  • en version séchée ou en poudre, il faudra surtout veiller à le garder à l’abri de la lumière et de l’humidité.
  • pour bien conserver les thés au gingembre ou les tisanes au gingembre (qui contiennent du gingembre séché), un contenant opaque les abritera de la lumière, de l'humidité, des odeurs...

Infusions de gingembre : conseils de consommation

Vous aimez les infusions à base de gingembre ou vous avez hâte de les découvrir ? Sachez qu’il est recommandé de ne pas dépasser 3 tasses par jour. 

Côté rythme, on vous suggère de privilégier l’après-repas, pour faciliter la digestion, ou de vous préparer une tisane gingembre dans l’après-midi histoire de profiter de son effet coup de fouet. 

En revanche, on évitera le gingembre en soirée, surtout si cette racine a tendance à vous donner des ailes ! (pour son côté aphrodisiaque, RDV dans notre FAQ !)

Le saviez-vous ? Quelques anecdotes sur le gingembre pour frimer à l'heure du thé

  • Autrefois, le gingembre était énormément utilisé en cuisine en Europe : l’analyse des traités culinaires français de la fin du Moyen-Âge révèle que le gingembre est mentionné dans plus du quart des recettes, pour tous les types de plats !
  • Dans la pharmacopée médiévale, le gingembre est longtemps entré dans la composition des dentifrices pour soulager les maux de dents. On utilisait également le gingembre pour se préserver de la peste. Effet non garanti de nos jours…
  • Après le Moyen-Âge, c’est le poivre qui a volé la vedette au gingembre en cuisine, avant que le gingembre ne revienne en force à partir du XIVe siècle.
  • De nos jours, si vous aimez la cuisine japonaise, vous trouverez souvent des lamelles rosées de gingembre servies en même temps que vos sushis / makis, souvent à côté d'une pointe de wasabi. Or, le gingembre rose qui accompagne les sushis est souvent coloré artificiellement… En effet, le gingembre n’a aucune raison de devenir rose fluo une fois mariné !

Le mot du Maître Infuseur, maître de cultures au terrier

« Chez Les 2 Marmottes, nous travaillons le gingembre non pas en poudre, mais en "flocons" séchés. Les parties du rhizome sont ensuite coupées finement et assemblées de façon à révéler au mieux leurs qualités gustatives.

Depuis les années 2000, l’engouement pour le gingembre n’a cessé d’augmenter et sa consommation a d’ailleurs été multipliée par 5 en un peu plus de 20 ans ! Les producteurs ont donc parfois du mal à suivre et il faut donc intégrer cette notion de durabilité dans nos choix.

Enfin, il faut savoir que l’effet terroir est bien présent chez le gingembre : en fonction de son origine, son goût pourra être soit plus citronné ou plus piquant.

Utiliser du gingembre dans nos recettes, c’est donc relever au quotidien des défis en matière de goût, de qualité, d’éthique et de durabilité. » 

Le rhizome du gingembre a de multiples bienfaits pour la santé

FAQ : les questions que l’on se pose tous sur le gingembre

Le gingembre fait-il maigrir ?

Non, on ne peut pas dire que le gingembre fait maigrir, du moins pas directement. En fait, le gingembre n’est pas un brûle-graisse miracle, mais il peut légèrement stimuler le métabolisme et la thermogenèse. Il peut aussi favoriser la digestion, ce qui peut aider indirectement dans le cadre d’une alimentation équilibrée.

Le gingembre est-il bon pour la digestion ?

Absolument ! Le gingembre favorise la digestion et stimule l’activité gastrique. En revanche, à éviter si vous avez l'estomac fragile.

Le gingembre est-il un aphrodisiaque ?

Le gingembre est souvent présenté comme stimulant et tonique, ce qui peut améliorer la vitalité et le désir, notamment en cas de fatigue.

Cependant, et au risque de vous décevoir, il n’existe actuellement aucune preuve scientifique solide d’un effet aphrodisiaque direct. 

Son action reste surtout liée à l’énergie globale (et c’est déjà pas mal !). Et cela fait un toujours un petit clin d'œil amusant pour sa moitié, surtout à la St Valentin...

Sources et bibliographie, pour aller plus loin

Monographie officielle européenne sur le gingembre (usages, indications, précautions), en anglais : https://www.ema.europa.eu/en/medicines/herbal/zingiberis-rhizoma

Article de l'OMS sur les médecines traditionnelles : https://www.who.int/fr/news-room/questions-and-answers/item/traditional-medicine

Recherches scientifiques sur les effets digestifs, anti-inflammatoires et antiémétiques (en anglais) : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3665023/

Analyse scientifique sur l’efficacité du gingembre contre les nausées : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4755649/

Données sur la production mondiale de gingembre : https://www.fao.org/faostat/ (chercher « gingembre » via la barre de recherche)

Le gingembre et les épices dans la cuisine médiévale : "Histoire des épices au Moyen-Age"de Michel Balard, et Revue "Médiévales", article "De l'usage des épices dans l'alimentation médiévale" (https://www.persee.fr/doc/medi_0751-2708_1983_num_2_5_933)

Le gingembre réveille les papilles du monde entier, mais saviez-vous que cette drôle de racine (qui est en fait un rhizome) est aussi l’un des remèdes les plus utilisés au monde ? D’où vient-il, à quoi sert-il, comment le préparer pour en apprécier tous les bienfaits ?