Le thym : cette plante aux nombreux bienfaits

Le thym : cette plante aux nombreux bienfaits

Utilisé depuis des millénaires, le thym (Thymus vulgaris/zygis) fait partie des plantes médicinales dont les propriétés ont été largement étudiées. Composition, bienfaits, précautions d’usage… C’est parti pour un décryptage complet, fondé à la fois sur les usages traditionnels du thym et les données scientifiques actuelles.

La simple évocation de son nom suffit à nous plonger dans les garrigues méditerranéennes. Le thym a ce pouvoir d’évoquer à lui seul l’accent du Sud, le soleil et les plats qui mijotent.

Mais derrière cette incontournable plante aromatique se cache aussi un véritable concentré de composés actifs, étudié depuis des siècles et toujours au cœur de nombreuses recherches. Antiseptique, digestif, antioxydant… le thym est bien plus qu’un simple aromate. Encore faut-il le connaitre et le comprendre…

Botanique, chémotypes et variétés

Le thym, c’est un petit arbrisseau vivace et résistant, dont les petites feuilles persistantes sont toujours très aromatiques. 

Si ses fleurs qui vont du rose au violet, particulièrement riches en nectar, séduisent les abeilles, ce sont ses feuilles, concentrées en huiles essentielles au puissant parfum qui ont tapé dans l’œil des humains depuis fort longtemps !  

Sauvage et intense par nature, le thym est né au cœur du bassin méditerranéen, où il pousse sans mal sur des sols souvent très secs, pauvres, ensoleillés et balayés de vent. 

Même s’il est le plus souvent cultivé dans des régions tempérées, le thym reste une plante téméraire qui donne le meilleur d’elle-même dans des conditions difficiles voire extrêmes.

Le thym est une espèce qui appartient à la grande famille des Lamiacées, qui comprend beaucoup de plantes aromatiques. C’est donc un proche cousin de la menthe, du romarin, de la mélisse, de la sarriette…

Plus facile à retenir, le thym appartient au genre Thymus, dont l’espèce la plus connue dans nos contrées est le Thymus vulgaris, aussi appelé « thym commun » ou « thym cultivé ». 

Dans ce genre, on retrouve également de nombreuses variétés de thym dont par exemple :

  • le thym citron (Thymus × citriodorus)
  • le thym serpolet (Thymus serpyllum)
  • le thym espagnol (Thymus zygis)…

Même s’ils se ressemblent extérieurement, chaque thym a sa propre typicité et sa personnalité. L’une des particularités du thym, c’est l’incroyable diversité de ses chémotypes !

Les chémotypes : une clé essentielle pour comprendre le thym

À force d’étudier cette plante, les scientifiques ont remarqué qu’il n’y avait pas un thym mais bien tout un tas de thyms distincts. Leurs différences ne sont pas forcément visibles à l’œil nu, car ce qui change d’une variété de thym à l’autre c’est son profil chimique et les molécules qu’elle contient. C’est ça qu’on appelle un chémotype ! 

Dans la grande famille du thym, on peut donc croiser des chémotypes différents, comme autant de réponses aux contraintes extérieures. Manque d’eau, ensoleillement, température, humidité, terroir : le thym n’a de cesse de s’adapter, y compris d’une année sur l’autre, et cela influe sur les molécules produites par la plante, qui peuvent modifier l’allure, l’odeur mais aussi le goût du thym même au sein d’une même espèce.

C’est donc très important quand on fabrique une tisane de thym de faire attention au chémotype de la ou les variété(s) employé(e)s lors de la fabrication : par exemple 2 thyms qui poussent dans la même région, mais à une altitude différente, peuvent ne pas avoir du tout le même goût !

Parmi les molécules qui composent le thym, certaines ont pu être clairement désignées. 

Les botanistes se sont dont appuyé(e)s sur les molécules particulièrement dominantes pour classifier les variétés de thym. Ainsi on retrouve par exemple :

  • le thym thymol (du nom du phénol identifié), à la saveur piquante
  • le puissant carvacrol (une molécule qu’on retrouve aussi dans l’origan)
  • le linalol plus boisé, floral et épicé
  • le géraniol qui comme son nom l’indique se rapproche du géranium...

Si la palette aromatique du thym est incroyablement large, ses vertus le sont aussi ! En effet, chaque molécule présente des bienfaits différents. 

Ainsi le thymol a la réputation d’être un puissant antiseptique alors que le carvacrol est un antibactérien et un antifongique reconnu.

En fonction de sa personnalité, de son goût et de ses vertus, chaque thym aura donc une carte à jouer : cela peut être en cuisine, en parfumerie, en soin, en tisane… Tout dépend de qui il est vraiment !

Le mot du Maître-Infuseur : quel est le thym utilisé chez Les 2 Marmottes ?

“Comme on assemble des cépages ou des raisins issus de parcelles différentes pour faire de grands vins, nous assemblons toujours plusieurs thyms dans nos recettes
Cet assemblage haute-couture de Thym Vulgaris et de Thym Zygis est essentiel pour garantir une stabilité gustative et pour préserver les propriétés organoleptiques de nos recettes. 

Notre savoir-faire consiste donc à sélectionner des thyms issus de différentes récoltes et de différents terroirs. En fonction de l’altitude, du type de sols et de l’exposition et du microclimat, le thym aura une typicité que l’on ne retrouvera nulle part ailleurs. Nous allons jusqu’à cibler des secteurs en particulier, le plus souvent en montagne, pour revenir à l’essentiel : des thyms sauvages avec beaucoup de rondeur. 

Chez Les 2 Marmottes, on ne cherche pas à exacerber son goût ou à pousser ses arômes à l’extrême comme l’exigent parfois certains industriels. Nous ce que l’on veut, c’est être au plus proche de la nature et du vrai goût du thym, avec toutes ses subtilités.”

Histoire & étymologie du thym : depuis quand le thym est-il utilisé pour ses bienfaits ?

Avant d’atterrir dans nos tasses ou nos assiettes, le thym a eu d’autres vies. 
Comme souvent, l’étymologie nous en dit long sur les plantes. Le mot “thym” viendrait du grec “thymos”, qui signifie « force » ou « courage ». Était-ce une référence à son goût puissant, à ses nombreuses vertus ou les deux à la fois, difficile à dire !

Dans l’Égypte ancienne, le thym était utilisé pour les embaumements. Ses propriétés antiseptiques naturelles (merci le thymol !), en faisaient un allié pour la conservation des corps. Il était aussi associé à des rituels de purification, où les plantes aromatiques jouaient un rôle symbolique et pratique. 

Chez les Grecs, le thym était brûlé comme de l’encens dans les temples. Sa fumée parfumée était censée purifier les lieux et favoriser la concentration. 

Globalement dans les civilisations méditerranéennes de l’Antiquité, le thym était aussi un allié vitalité : on l’ajoutait dans les bains pour ses vertus tonifiantes. Il parait même que les soldats grecs en consommaient, pour se donner du courage. 

Au Moyen-Âge, le thym occupe une place de choix au cœur des jardins médicinaux, notamment dans les monastères. On l’utilise alors pour traiter les infections respiratoires, soulager la toux et désinfecter les plaies. À une époque où les connaissances médicales étaient limitées, le thym faisait partie des plantes stars, censées “protéger”. D’après certains historiens, le thym était également utilisé pour assainir l’air (par fumigation), notamment lors d’épidémies.

Ce qui est frappant quand on remonte le temps, c’est que la plupart des usages traditionnels du thym trouvent aujourd’hui une explication scientifique : ses propriétés antiseptiques, son activité antimicrobienne et ses effets sur les voies respiratoires ont en effet été reconnus et documentés depuis par de nombreuses études. 

Le thym est donc l’exemple parfait d’une plante dont les usages empiriques ont été, en partie, validés par la recherche moderne.

Bienfaits du thym pour la santé

Le thym : une plante aux nombreuses utilisations

Le thym est un caméléon ! En cuisine, en infusion, en phytothérapie, en cosmétique : il s’invite presque partout !

Comment utiliser le thym en cuisine ?

Le thym est un pilier de la cuisine méditerranéenne, où il est utilisé comme condiment, seul ou en association avec d’autres plantes aromatiques (romarin, serpolet, sarriette...).
En bouquet garni aux côtés du laurier ou dans les herbes de Provence, il apporte une touche ensoleillée aux marinades et aux plats mijotés.
Le thym est aussi un des ingrédients phares du fameux zaatar libanais : mélangé à du sumac et à du sésame grillé, il se mue alors en une épice de caractère, très prisée au Moyen-Orient.

Comment utiliser le thym en phytothérapie ?

Parce qu’il cumule les bienfaits, le thym a naturellement trouvé sa place au rayon phyto. Infusions, inhalations, huiles essentielles, sirops : le thym fait du bien !

Comment utiliser le thym en cosmétique ?

Ce n’est pas son parfum mais plutôt ses propriétés antimicrobiennes qui ont poussé des marques de cosmétique à s’intéresser au thym. 

Il n’est pas rare de le retrouver dans des soins purifiants, des shampoings ou encore des lotions pour la peau. En infusions ou en hydrolats faits maison, il peut être utilisé pour purifier les peaux à imperfections, tonifier le cuir chevelu, rafraîchir et assainir la peau.

Le thym est une plante médicinale, d'où sa réputation de "remède de grand-mère"

Quels sont les bienfaits santé du thym ?

Si le thym a aussi bonne réputation, c’est parce qu’il cumule les bienfaits… Certains d’entre eux pourraient bien vous surprendre ! 

Bon à savoir : l’efficacité du thym dépend fortement de sa composition chimique, du chémotype et des proportions de certaines molécules comme le thymol ou le carvacrol. Tous les thyms ne se valent donc pas, et leurs effets peuvent varier fortement en fonction des concentrations en principes actifs et des quantités ingérées !

Atténuer le mal de gorge et le rhume : le thym est-il efficace pour la gorge ?

L’une des vertus les plus populaires du thym est certainement son effet reconnu sur les voies respiratoires. Démontrés scientifiquement dans de nombreuses études, son activité antibactérienne et antivirale et son effet antitussif et antispasmodique en font un allié de choc en hiver ! Alors, en cas de toux, de bronchite légère ou de mal de gorge, pensez à la tisane de thym avec du miel, ou au thym en inhalation ou en sirop.

Le thym peut-il aider à soulager les ballonnements ?

Traditionnellement, le thym est également utilisé depuis fort longtemps pour faciliter la digestion et réduire les gaz. En se penchant d’un peu plus près sur cette petite plante méditerranéenne, les scientifiques en sont arrivés à la conclusion que le thym avait un réel effet carminatif et était capable de stimuler des sécrétions digestives. Après un repas un peu trop copieux, une infusion thym ou une huile essentielle diluée contribuera à un meilleur confort digestif.

Le thym renforce-t-il les défenses immunitaires ?

Après les voies respiratoires et le système digestif, le thym peut également venir à la rescousse de notre système immunitaire. Selon plusieurs études, c’est l’action combinée des fameux chémotypes (le fameux mélange des molécules thymol, carvacrol, linalol, flavonoïdes) qui fait de l’effet. La synergie de ces composés fait du thym un remarquable antioxydant qui aide à neutraliser les radicaux libres et qui participe à la protection des cellules contre le stress oxydatif. Parce qu’il contribue à soutenir les défenses immunitaires, le thym peut donc être utilisé en prévention (cure de tisanes au thym, thym dans les préparations culinaires) pour garder le cap !

Le thym aide-t-il à améliorer le sommeil et la détente ?

Contrairement à certaines idées reçues, le thym n’est pas une plante sédative. Il n’a donc aucun effet démontré sur le sommeil et aucune preuve scientifique ne permet de lui conférer un quelconque effet relaxant notable. Pour la détente, mieux vaut donc se tourner vers d’autres plantes favorisant un meilleur sommeil comme la mélisse ou la camomille !

Précautions et contre-indications autour du thym

On entend encore trop souvent que les plantes ou les remèdes naturels sont forcément sans danger… C’est faux, et le thym ne fait pas exception à la règle. 

Prenez l’huile essentielle de thym par exemple : elle est très concentrée et par conséquent déconseillée aux femmes enceintes et allaitantes, aux jeunes enfants, aux personnes souffrant de pathologies hépatiques, aux épileptiques ou neurologiquement sensibles et bien sûr aux personnes allergiques aux plantes de la famille des Lamiacées (thym, menthe, romarin, lavande…). 

La bonne nouvelle, c’est qu’en version "infusion" le thym est plutôt bien toléré chez l’adulte en bonne santé. Il faudra tout de même veiller à rester sur des doses raisonnables et éviter des cures prolongées sans avis d’un professionnel de santé.

Peut-on boire du thym tous les jours ?

Sur des courtes durées, pas de problème ! Il est déconseillé en revanche de consommer de la tisane de thym quotidiennement sur plusieurs mois d’affilée.
Dans le cadre d’une cure de thym en cas de petite toux ou de rhume, on conseille trois tasses par jour de tisane pur thym.

Le thym peut être consommé en tisane ou en infusion pour profiter de ses bienfaits santé

Comment consommer le thym ?  

Le thym peut se consommer de plusieurs manières, selon l’effet recherché, le moment de la journée… ou tout simplement selon vos envies. Il peut être frais, séché, en infusion ou en huile essentielle et s’adapte à tous les moments : en tisane de thym après les repas pour la digestion, en journée en soutien respiratoire ou ponctuellement en cas de coup de froid.

Le thym en cuisine

Cuisiner avec le thym est une excellente façon d’intégrer ses bienfaits au quotidien. En bouquet garni, sur des légumes rôtis ou infusé dans des sauces, il diffuse son parfum, son goût et ses bienfaits dans vos assiettes. On le retrouve aussi fréquemment sous forme de miel.

Le thym en infusion 

L’infusion est l’une des formes la plus accessible et la mieux tolérée. Facile à préparer, elle est idéale en fin de repas ou en cure au cœur de l’hiver. Consommée régulièrement, l’infusion thym pourra avoir une action sur la sphère respiratoire ou la digestion.

Dose classique recommandée : 1 à 2 g de thym séché (≈ 1 cuillère à café) par tasse, infusé 5 à 10 minutes
Fréquence : 1 à 3 tasses par jour maximum chez l’adulte
Durée : limiter à 7 à 10 jours en usage continu et faire une pause avant de reprendre.

Le thym en inhalation

Prisée par les anciens, l’inhalation au thym est une méthode qui fait ses preuves lorsque l’on cherche à assainir les voies respiratoires et à décongestionner. 

Mode d’emploi : 1 poignée de thym dans un bol d’eau chaude
Durée : inhalation des vapeurs pendant 5 à 10 minutes
À éviter chez les jeunes enfants.

Le thym en huiles essentielles

Toutes les huiles essentielles sont très concentrées et leur utilisation est réservée à un usage encadré. Gardez en tête qu’une huile essentielle doit toujours être diluée. Ne les utilisez jamais en automédication prolongée et demandez toujours l’avis d’un professionnel.

Le thym en sirop ou décoction concentrée

Pour un effet plus ciblé sur la gorge, certains consomment le thym en sirop ou en décoction concentrée. 

Sous quelle forme utiliser le thym en fonction du bienfait recherché ?

Objectif

Forme conseillée

Fréquence

Digestion

Infusion thym après repas

Usage ponctuel

Rhume / toux

Infusion thym + inhalation

Cure courte

Prévention

Usage léger en cuisine

Usage Régulier

Gorge irritée

Sirop / infusion de thym concentrée

Quelques jours

 

Le thym et l’écologie : une plante durable ?

Discret mais résistant, le thym est un parfait exemple de plante adaptée aux enjeux écologiques actuels. Peu exigeant, et utile pour la biodiversité, il coche de nombreuses cases.

Une plante naturellement résiliente

Le thym est vraiment typique des milieux méditerranéens : il pousse dans des sols pauvres et caillouteux, il résiste à la sécheresse et il nécessite donc très peu d’arrosage. Cette capacité d’adaptation en fait une plante idéale dans un contexte de changement climatique et de stress hydrique. Pas d’eau, pas d’engrais chimiques : le thym se débouille tout seul comme un grand !

Un précieux allié de la biodiversité

Bonne nouvelle pour nos amies les abeilles, les papillons et les insectes auxiliaires : le thym est une plante mellifère et est donc particulièrement appréciée des pollinisateurs. En toute discrétion, le thym joue même un rôle clé dans le maintien des écosystèmes locaux. Ses petites fleurs riches en nectar contribuent à nourrir les pollinisateurs, à favoriser la pollinisation d’autres cultures et à soutenir la biodiversité.

Une culture compatible avec des pratiques durables

Même si le thym pousse facilement à l’état sauvage, où il est encore largement récolté, des cultures de thym existent. Assez rustique, il peut donc être cultivé sans pesticide et avec très peu d’intrants, séché à l’air libre sans consommation d’énergie, à condition de choisir des chémotypes locaux, mieux adaptés au terroir. L’autre gros avantage du thym, c’est qu’il s’agit d’une plante vivace qui peut donc être récoltée sur plusieurs années. Ainsi, la plante repousse naturellement et la ressource se renouvelle. Le gros challenge consiste à garder les parcelles bien propres, sans mauvaises herbes, ce qui représente vite un travail considérable pour les producteurs dans des zones arides.

Une plante zéro déchet ou presque

Le thym est entièrement valorisable : ses feuilles arrivent dans nos tasses ou nos assiettes, ses fleurs font le bonheur des marques de cosmétiques et ses éventuels résidus peuvent être compostés. C’est une plante toute simple, mais qui s’inscrit parfaitement dans une logique de sobriété et d’économie circulaire.

Envie d’aller + loin sur le thym ? Petite bibliographie

Ressources internationales, en anglais :

European Medicines Agency (EMA) — monographie officielle 

ESCOP (European Scientific Cooperative on Phytotherapy) 

OMS (Organisation mondiale de la santé) — plantes médicinales 

Miguel MG, 2010 — propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires 

Boskabady et al., 2006 — effets sur les voies respiratoires 

Marchese et al., 2016 — activité antimicrobienne du thymol et carvacrol 

Ressources en français :

ANSES (agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) 

ANSM (agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé)

Utilisé depuis des millénaires, le thym (Thymus vulgaris) fait partie des plantes médicinales dont les propriétés ont été largement étudiées. Composition, bienfaits, précautions d’usage… C’est parti pour un décryptage complet !